Ryan Dode dirige l’équipe des ventes commerciales de Schluter Systems. Il y a quelques mois, il se trouvait dans une salle à New York avec 400 professionnels de la construction commerciale, notamment des architectes, des entrepreneurs généraux, des décorateurs et des entrepreneurs en carrelage. Il a posé une question simple aux gens dans la salle :
« Combien d’entre vous savent ce qu’est une bride de collage? »
Presque aucune main ne s’est levée.
Il s’agissait de professionnels d’expérience, pas de débutants. Ce sont des gens qui travaillent depuis des années à la construction et à l’étanchéisation de douches commerciales, y compris les ingénieurs en mécanique qui ont rédigé les spécifications de ces drains. Et pourtant, presque aucun d’entre eux ne reconnaissait le composant central de tous les assemblages de drains qu’ils avaient déjà mentionnés dans leurs spécifications ou installés.
En construction commerciale, on croit souvent à tort qu’une surface carrelée est étanche. Ce n’est pas le cas.
Le carrelage, le coulis et la pierre sont tout au plus résistants à l’eau. L’humidité passe à travers les joints de coulis, s’infiltre dans les lits de mortier et s’accumule dans le substrat, autant sous forme liquide que sous forme de vapeur. Dans une douche commerciale, un vestiaire ou une pièce humide, cette humidité doit nécessairement s’évacuer quelque part. Si l’assemblage n’est pas conçu pour gérer l’humidité en surface, celle-ci se déplacera ailleurs, soit dans l’air, dans le substrat ou à travers le plancher vers l’espace situé en dessous.
Le résultat est prévisible : moisissures, détérioration du lit de mortier, décollage des carreaux, dommages structurels. En milieu commercial, les coûts de réparation sont élevés. Dans les hôtels, les établissements de santé ou les immeubles à logements multiples, il faut compter aussi des pertes de revenus et des horaires chamboulés.
Une douche commerciale n’est pas un système unique, mais bien deux systèmes qui doivent fonctionner ensemble.
La plomberie gère l’écoulement de l’eau et le drainage, et le système d’étanchéité protège la structure du bâtiment. Ces systèmes sont conçus par des disciplines différentes. La plomberie relève de la division 22, le carrelage, lui, de la division 09. Ils sont installés par des professionnels de domaines distincts qui ne se retrouvent pas nécessairement dans la même pièce au même moment.
Le drain est le seul endroit où ces deux systèmes doivent fonctionner comme un tout.
Dans les assemblages traditionnels, ce raccord dépend de la coordination sur le chantier et de matériaux mis en place par étapes. On pose d’abord un lit de mortier, une membrane de plombier, un anneau de serrage, puis le carrelage sur le tout. Quand toutes les étapes sont réalisées dans le bon ordre, l’assemblage fonctionne. Quand ce n’est pas le cas, c’est au raccord du drain que les problèmes commencent.
La plupart des ingénieurs en mécanique qui planifient l’installation de drains commerciaux ont appris à travailler en suivant ces méthodes traditionnelles. Les spécifications concernant le drain y sont traitées comme un élément qui relève de la plomberie, et celles portant sur l’étanchéité sont associées au carrelage. Les deux documents relèvent ainsi de divisions différentes, et la responsabilité de chacune d’entre elles s’arrête aux limites du drain.
La méthode en deux étapes a longtemps fonctionné. Les entrepreneurs la connaissaient, les inspecteurs l’acceptaient, et les bâtiments tenaient. Personne ne faisait les choses de travers. Mais cette méthode reposait sur une contrainte : la plomberie et l’étanchéité n’avaient aucune interface commune. La membrane de plombier comblait autant que possible cet écart. Elle exigeait que des professionnels de deux domaines distincts coordonnent un raccord qui ne relevait pleinement ni de l’un ni de l’autre.
Le secteur avait besoin d’une autre façon d’envisager le raccord entre les corps de métier. Cette solution existait déjà.
Le téléphone à cadran fonctionnait, lui aussi. Il établissait la communication. Des réseaux entiers de communication ont été construits en fonction de cet appareil. Puis une autre approche est arrivée, une approche qui réglait le problème de fond au lieu de simplement le contourner. Le téléphone intelligent n’a pas seulement amélioré les appels. Il a redéfini ce qu’un téléphone pouvait faire. De même, la bride de collage n’est pas une meilleure version du drain en deux étapes. C’est simplement une autre solution au même problème. C’est une solution qui définit clairement le rôle de chaque corps de métier, au lieu de laisser les choses se régler sur le chantier.
Werner Schlüter ne cherchait pas à réinventer le drain. Il cherchait à résoudre un problème précis : le carrelage et la plomberie sont deux domaines distincts qui se rejoignent à l’endroit où les défaillances ont toujours eu tendance à se manifester. Il a conçu la bride de collage pour résoudre ce problème. Ce drain est devenu le KERDI-DRAIN.
Au lieu d’établir le raccord étanche en de multiples étapes, la bride de collage permet de le réaliser dès le départ. En effet, une bride large et plate est intégrée directement au corps du drain. La membrane d’étanchéité adhère directement à cette bride, ce qui crée un joint étanche continu en surface à l’ouverture du drain. Comme le raccord se fait en surface, il est vérifiable et complet avant même qu’on pose le premier carreau.
Quand un assemblage avec membrane d’étanchéité collée est correctement installé, il n’y a rien à voir. Le carrelage est bien plat, les joints de coulis sont serrés et le drain arrive à la bonne hauteur. Le système fonctionne exactement comme prévu, entièrement à l’abri du regard. C’est précisément la bride de collage qui assure ce résultat.
Lorsqu’on prévoit l’installation d’un drain sans tenir compte de son intégration au système d’étanchéité, c’est sur le chantier que le tout se règle. En construction commerciale, ce sont ces raccords gérés sur le chantier qui posent le plus de risques et entraînent des enjeux de responsabilité.
Lorsque le drain et l’assemblage d’étanchéité sont pensés ensemble dès le départ, ce raccord n’est plus un enjeu de coordination, mais un détail établi d’avance dans les spécifications. Le profil de risque change. La transition entre les corps de métier n’est plus supposée, elle est prévue dès la conception.
Ingénieurs en mécanique: Dans les projets commerciaux, l’ingénieur en mécanique est le principal spécificateur du drain. Ce n’est pas l’architecte ni l’entrepreneur en carrelage. Si les spécifications du drain donnent encore l’impression de relever seulement de la plomberie, l’intégration du système d’étanchéité est laissée au hasard. La méthode B422 du manuel du Conseil nord-américain de la céramique traite précisément de cette question. Il s’agit de la norme actuelle, déjà prête à insérer dans les spécifications, et c’est elle qui permet de gérer la dépendance entre les deux corps de métier au stade de la conception plutôt que sur le chantier.
Entrepreneurs généraux: La bride de collage élimine la dépendance entre les domaines de la plomberie et du carrelage au point le plus vulnérable de l’assemblage.
Entrepreneurs en carrelage: Le drain ne relève pas de vos spécifications dans un projet commercial. Mais la bride de collage complète votre système d’étanchéité. Sachez ce que c’est. Sachez pourquoi ça compte. Quand le drain est bien fait, votre travail tient.
La majeure partie du secteur commercial n’a pas encore fait le saut. Non pas parce que l’ancienne méthode est meilleure. Mais parce que c’est ce qu’on fait depuis toujours.
La bride de collage est déjà la norme. Une grande partie de l’industrie ne l’a tout simplement pas encore adoptée. Lorsque l’assemblage est bien réalisé, sa présence passe complètement inaperçue.